Comment passer votre dimanche à écouter de la musique de chambre ? Crèmes brûlées butternut noisettes pour vous remettre!

Publié le par lolotte_et_sam

Rien de plus simple !

Phase 1 : Réservez un billet d’avion aller-retour pour la France chez Air France (on est Français, voyageons Français) avec le site Orbitz.com ! Deux correspondances dans chaque sens et un total de trois avions.

Phase 2 : Un mois plus tard, un samedi soir comme ça, faites marcher votre sixième sens et consultez votre boîte email. Un vent de panique s’empare de vous, la compagnie américaine assurant le premier vol domestique vous menant de Charlottesville à Detroit pour prendre votre avion pour Paris a changé l’heure de départ et d’arrivée dudit avion, vous faisant atterrir à l’aéroport seulement 32 minutes avant le décollage de votre avion pour Paris !

Un peu de maths : Sachant qu’il vous faut vous trouver à la porte d’embarquement au moins 30 minutes avant le décollage du long courrier, de combien de temps SuperVous disposerez-vous pour sortir de l’avion, traverser tout l’aéroport à la vitesse de l’éclair et prendre votre avion ? Bonne réponse, 2 minutes top chrono !

Phase 3 : Vous envoyez un premier email charmant mais inquiet au service clientèle d’Orbitz qui vous répond de vous adresser par téléphone au….service clientèle d’Orbitz !

Phase 4 : Téléphonez le lendemain à 9h. On vous fait patienter (oui vous aimez la musique de chambre) une bonne vingtaine de minutes. Il faut apparemment contacter Air France. Mais évidemment, un dimanche, le comptoir d’Air France, n’ouvre qu’à 10h. Il vous faudra rappeler mais apparemment, tout est pris en charge, l’agent étant suffisamment aimable pour laisser une note à l’attention du prochain collègue qui vous parlera.

Phase 5 : 10h15 : Vous rappelez …vous devez évidemment tout réexpliquer. Vous passerez alors exactement 1h00 à patienter en musique au téléphone que l’agent essaie de convaincre sans succès Air France de faire quelque chose (même si le premier avion n’est pas d’Air France, toute la réservation est monitoree par eux…). Quand l’agent vous assure la gueule enfarinée la bouche en cœur que de toutes façons, en 32 minutes, vous aurez laaaaaaaaaargement le temps de vous rendre à la porte d’embarquement, indignez-vous en vous retenant de l’etrangler (vous ne pouvez pas de toutes façons) et demandez ce qui se passera si vous prenez effectivement cet avion tout en sachant que vous louperez votre vol et devrez alors vous adresser au comptoir Air France? «  Air France devra trouver une solution pour vous mettre dans le premier avion suivant ayant encore un siège libre » vous entendrez-vous répondre ! Autant dire qu’à trois jours de Noël, c’est mission impossible et que vous devrez passer Noël à l’aéroport de Detroit. « Et bien pourquoi Air France ne règle pas le problème des maintenant ??? » Rebelotte, vous patientez avec cette satanée musique 1h20 pendant que l’agent rappelle Air France sans succès à nouveau (Je la soupconne d’être plutôt partie se faire faire les ongles). « Voulez-vous parler à mon superviseur ? » « Of course !!! » Et là, 20 minutes de blanc jusqu'à ce qu’un autre agent ( ?) s’empare du combiné pour prendre vos coordonnées (qui figurent déjà dans votre dossier) afin que l’un des superviseurs tous occupés à ce moment-là à servir d’autres clients (soit ils ne sont pas nombreux, soit il y a vraiment beaucoup de problèmes à régler !) vous rappelle dans les 2h, qu’on vous assure. Soit 2h40 de perdues au téléphone, il est déjà 12h55 et vous êtes frustré.

Phase 6 : 3h après, évidemment toujours aucune manifestation et vous rappellez. On vous précise maintenant qu’il faut en général attendre 2 à 4h pour être rappelé mais on vous propose de vous transmettre un superviseur. Vous bondissez sur l’opportunité (trop belle pour être vraie) mais avez le réflexe de demander si vous êtes bien chez un superviseur d’Orbitz…Non ! On s’est lâchement débarrassé de vous en vous envoyant chez une agence de voyages n’ayant rien à voir ni avec Orbitz ni avec Air France et qui a le culot d’essayer de vous vendre un voyage ! Il est 15h55. Enervé et inquiet, vous n’avez rien pu faire de votre dimanche, cloué sur votre canapé à attendre que cette ######### de téléphone sonne enfin!

Phase 7 : Vous prenez votre courage à deux mains et décidez d’attendre encore la dernière heure (croyez encore en leur bonne foi). Vous vous voyez contraint de rappeler pour la quatrième fois et vous n’hésitez plus à passer directement un sacré savon à l’agent auquel vous devez réexpliquer pour la quatrième fois aussi votre histoire. «I understand. We do apologise for any inconvenience ». « Je n’en ai rien à faire de vos excuses, réglez-moi cette histoire. Il est inadmissible que vous ayez encaissé mon paiement et que maintenant, tout le monde se renvoie la balle sans vouloir rien faire alors qu’il est clair que je ne pourrais pas prendre mon avion ». (Surtout qu’entre temps, vous avez appelé Air France vous-même, lequel vous a gentiment envoyé sur les roses en vous renvoyant vers Orbitz auquel vous avez fait la réservation) « Mais nous ne nous occupons que des réservations ici, vous devez parlez à quelqu’un du service international » Et personne ne pouvait vous le dire avant ?

Phase 8 : Il est 18h20. Extenué et à bout de souffle, vous  expliquez votre cas à « l’agent international » qui lui n’arrive même pas à vous retrouver dans le système informatique mais finit par vous passer enfin un superviseur, lequel vous confirme qu’effectivement, Air France elle-même réclame textuellement qu’il y ait au miminum 40 minutes entre les deux correspondances. C’est le comble !! Celle-ci essaie de rappeler Air France après que vous vous soyez égosillé lui ayez précisé qu’ils ne voulaient pas entendre parler de quoi que soit le matin même. Cette personne finit par prendre les choses en mains (halleluia ! vous la remerciez) et vous dit qu’il est maintenant possible (contre toute attente) de vous réserver une place dans l’avion suivant, même si votre troisième correspondance risque d’être courte à attraper (il ne vous reste plus qu’à croiser les doigts pour que l’avion n’ait pas de retard). Mais à la limite, vous préférez passer votre réveillon de Noël coincé à Roissy dans votre pays et feuilleter Elle à Table en dégustant un kitkat bien français (hum hum) du distributeur qu’à Detroit dans ce pays de …! Pendant que vous patientez à nouveau 30 minutes, un bonheur n’arrivant jamais seul (c’est valable pour les malheurs aussi) le fameux superviseur (vous vous en souvenez ?) qui devait vous rappeler le fait sur votre téléphone portable (après plus de 5h !). Vous vous retrouvez donc avec deux représentants d’Orbitz pendus à chaque oreille et vous ne savez plus quoi faire pour ne pas que ces gens s’emmêlent les pinceaux et que la situation n’empire. Vous apprendrez par la même occasion que la solution qui vous aurait été proposée par le superviseur retardataire si vous ne vous étiez pas démené vous-même, était de vous faire prendre un avion de plus de Charlottesville à Cincinnati pour ensuite revenir de Cincinnati à Detroit, pour le plaisir de faire plaisir de vous mettre dans un avion ! Finalement, vous êtes remis « on hold » pendant 30 minutes jusqu'à ce qu’on vous annonce que vous recevrez la confirmation du changement attendu dans les 24h. Il est alors 19h30 !

De 9h à 19h30, vous aurez passé votre dimanche à écouter de la petite musique de chambre.

Quand je regarde en arrière, le plus mauvais service que j’ai jamais eu sur tous les plans (cela va de la personne au guichet d’enregistrement aimable comme une porte de prison au stewards qui sourient quand ils se brûlent, en passant par le reste) par rapport à toutes les autres compagnies est celui d’Air France. A méditer, pour un pays qui se veut toujours meilleur que les autres…

Finalement, tout est bien qui finit bien, mais j’ai perdu mon dimanche entier, au téléphone et chez moi sans pouvoir en bouger, sans pouvoir recevoir d’autres coups de fil pour laisser la ligne libre et en finissant complètement à bout de nerfs. Votre seul espoir, c’est d’hurler et de menacer en espérant que ça finisse par convaincre quelqu’un. Mais dans quel monde vit-on ! C’est à celui qui se lassera le premier. Et après l’on s’étonne que certains pètent les plombs et en viennent aux mains ? Je finis par les comprendre même si ce n’est pas une solution. Si un représentant Air France haut place me lit, sachez que vous pourriez faire de sacrés efforts !

Et qui a dit que le sort ne s’acharnait pas ?…What’s next pour les nerfs de Lolotte?

Du coup, n’ayant pas faim le soir, je me suis préparé pour le lendemain ces crèmes brûlées plus ou moins selon la recette de Véronique Chapacou mais en remplaçant le rutabaga par la purée de butternut qu’il me restait à utiliser. C’était absolument délicieux, merci Véronique !

Crèmes brulées à la butternut et aux noisettes

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(pour 4)

100 g de chair de butternut en purée

3 jaunes d’œufs

20 cl de lait ribot

20 cl de lait écrémé

30 g de poudre de noisettes

1 cc de sucre roux

2 cc de parmesan râpé

sel, poivre, fleur de sel

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Préchauffez le four à 160 °C.

Portez les laits à ébullition. Versez sur les jaunes d’œufs sans cesser de remuer. Ajoutez la purée de butternut, les noisettes. Salez, poivrez. Versez dans des ramequins. Posez-les dans un plat allant au four et versez de l’eau jusqu'aux trois quarts. Faites cuire au bain-marie pendant environ 30 minutes puis réfrigérez jusqu’au lendemain. Répartissez le mélange sucre+parmesan+fleur de sel sur le dessus des crèmes et passez au grill.

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Publié dans 07. Le salé végé

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Marie Cuisine 20/11/2007 00:44

C'est vrai que de passer aux fourneaux, cela détend un peu. J'espère que ton futur voyage se déroulera très bien....La Buternut ? Connais pas non plus. Va falloir que je me documente !!! Bisous ,Marie

Pascale (ivs) 14/11/2007 23:46

Je compatis, vraiment! Les galères de ce genre, ça vide pour un moment! Bon réflexe de survie, les crèmes brûlées, au moins tu savais sur qui compter! Bon séjour à Paris, puisque tout se termine bien...

pat91620 13/11/2007 20:19

Ma pauvre ! Heureusement que tu as eu de l'intuition et que tu n'as pas découvert le problème à l'aéroport ! Je compatis. Cela dit, ce n'est pas spécifique à Air France, il y a bien pire (pour moi l'Everest a été atteint un jour par une compagnie low-cost israélienne, Tower Air), et que si comme le dit Morgane, les Américains surnomment AF Air Chance, c'est vraiment l'hopital qui se fout de la charité. Non seulement les compagnies US sont nulles (plus jamais les codes share AF sur Delta !!!), mais les agents de l'immigration américains sont tellement odieux et incultes qu'ils te donnent des envies de meurtre. Bientôt joyeux noël en France alors !!!

tarzile 12/11/2007 19:51

Ma chère, quelle épopée. Maintenant, je te souhaite un bon voyage. Ça me fait penser au film Maman j'ai raté l'avion, lorsque la maman du petit gars tente par tous les moyens de rentrer chez elle le jour de Noël.

Annellénor 12/11/2007 18:17

Abracadabrante et rocambolesque histoire !!! Tu as bien fait de te mettre aux fourneaux pour te détendre car tes crèmes ont effectivement l'air à tomber !